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L’orthophonie n'a pas de frontières...

Je m’appelle Camille et je suis étudiante en deuxième année d’orthophonie à la faculté de médecine de Lille. J’aime énormément voyager mais je n’avais jamais pensé à mettre en commun mon futur métier et ma passion jusqu’à ce que j’entende parler de « Speech and language therapist » en cours d’anglais.

Mes questions se sont alors multipliées : comment pratique-t-on l’orthophonie dans un pays anglophone ? Les modalités d’exercices sont-elles les mêmes qu’en France ? Les pathologies sont-elles prises en charge de façon particulière ? Quels sont les obstacles qu’un enfant bilingue peut rencontrer ?

J’ai fait la rencontre de Charlotte grâce à son blog, c’est ainsi que j’ai pris la direction de Dublin en Irlande . Une grande première pour moi !

J’ai eu la chance de découvrir le quotidien de Charlotte durant une semaine.

La rencontre avec des enfants bilingues m’a permis de me rendre compte à quel point le bilinguisme peut être vécu de différentes manières avec des degrés de difficultés variables selon l’enfant. Pourquoi choisir entre deux voire trois langues quand on peut toutes les concilier au quotidien ? La place de la langue maternelle est essentielle et ne doit pas être mise de côté aux dépens de la langue du pays : l’anglais.

C’est l’un des objectifs principaux de l’Association « MotherTongues » : elle encourage les parents à transmettre leur langue natale, à promouvoir leur identité culturelle. J’ai eu la chance d’assister à une conférence où cette Association faisait la promotion de son projet « story box » auprès de l’Irish Education System

( l’équivalent de l’Education Nationale en France).

Je suis aussi allée dans une école irlandaise pour observer le projet "storybox", mené par Charlotte via MotherTongues. Celui-ci consiste à réunir professeur, élèves et parents afin que ces derniers lisent chacun dans leur langue natale une histoire connue de tous, ici "les Trois petits cochons" devant la classe. Les enfants ont ainsi entendu du russe, de l’italien, du français, du japonais, du polonais etc. J’étais surprise de voir à quel point les enfants étaient fiers de pouvoir montrer à leurs camarades qu’ils pouvaient comprendre et parler une autre langue que l’anglais.

Ce projet permet donc aux élèves de découvrir d’autres langues, d’apprendre de nouveaux mots et de faire des liens entre le mot anglais qu’ils connaissent tous et le mot étranger. Les enfants bilingues sont mis en confiance et ce projet met en évidence les bienfaits du maintien de la communication en langue d'origine.

Par ailleurs, j’ai pu participer aux activités organisées par le FLAM qui est une association destinée aux enfants francophones leur permettant d’améliorer ou de maintenir leur niveau langagier en français.

La journée a débuté par une séance de baby yoga, menée par un professeur francophone. Le but était de créer un moment privilégié en famille, en français. Charlotte étant présente pour répondre aux questions et guider ces familles sur la voie du bilinguisme.

Ensuite des activités, des jeux sont proposés selon les classes d’âge. Ces moments de partage entre les enfants doivent être avant tout plaisants afin de leur transmettre le plus simplement possible la richesse de la langue française.

Vous l’avez donc compris ma semaine à Dublin a été une source orthophonique et culturelle très instructive ! L’orthophonie n’a pas de frontières, partez donc à sa découverte (c’est aussi un très bon moyen de travailler son anglais).


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